Je crois que j'ai toujours dessiné les histoires que j'aimais. J'avais à peine sept ans quand j'ai inventé, écrit, et dessiné les avantures d'un petit poussin qui enquêtait je ne sais plus sur quoi, et mes cartons à dessins sont remplis de petits bouts de papier recouverts d'une esquisse et d'une phrase plongée dans un roman.
A mon entrée en seconde, j'espérais faire un bac art appliqué.
-Pas question, tu vas en général, il faut t'ouvrir des portes. L'illustration, ça te passera peut être, et si tu veux en faire, la porte t'est toujours ouverte.
A mon entrée en première, je voulais aller en L.
-Réfléchis bien, il n'y a aucun débouché, en L, tu vas finir prof de Français, crois moi. Et l'option art, c'est largement suffisant. Comme ça, tu t'ouvres des portes, et tu t'exprimes en même temps. Et pour l'illustration, on ira aux portes ouvertes de cette école l'année prochaine. Tu vois, la porte ne t'es pas fermée.
En décembre, il faudra que je dise où je veux aller l'année suivante. J'avais déjà commencé mon dossier.
-Mais tu sais, l'illustration, c'est vraiment dangereux. Si tu ne perces pas à la sortie de cette école, tu seras vraiment dans le ruisseau. Mieux vaut que tu fasses une prépa hypokhagne, puis khagne, histoire de t'ouvrir des portes, d'avoir un bagage intéressant, qui te permettra de te retourner. Et pendant ces deux ans, tu te rendras peut être compte que le dessin ce n'est pas pour toi, et tu feras peut être autre chose. Mais à la sortie de ces deux ans, bien sûr... Arrête de me regarder comme ça, oui, tu pourrais (admirez l'utilisation du conditionnel), oui, tu pourrais entrer dans cette école.
Marre de m'ouvrir des portes pour finallement me fermer à la seule qui m'intéresse vraiment.